Le Léviathan...
Le Léviathan, est-il ressorti du fond des abysses pour en finir avec nous ?
Est-ce internet qui l’a exhumé ?
On peut se le demander,toute notre vie a été chamboulée jusqu’à devenir ce cloaque dans lequel nous vivons depuis son avènement !
Cachés derrière leurs écrans – parfois Dark – la méchanceté et la folie des hommes entremêlées se déchaînent.
En ce moment la France est sous l’emprise de monstres qui saccagent et tuent, machine infernale déclenchée par une gauche menée par un homme hystérique, ivre de haine, qui veut le pouvoir !
Livia
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La destruction du Léviathan
Gustave Doré
Il est un monstre effrayant dans la Bible vivant dans les profondeurs de la mer. Son nom est Léviathan, de l’hébreu Liwyâtân, ce qui signifie tortueux…
Rencontre avec cet être extraordinaire qui aura une longue destinée dans la culture des hommes.
Comme bien des récits peuplant la Bible, l’origine de ce monstre dénommé Léviathan est, semble-t-il, à chercher dans la Phénicie antique.
Il y est décrit comme un monstre associé au chaos primitif, un horrible serpent vivant dans la mer et objet de destruction pour tout ce qui est vivant.
C’est lui, toujours selon cette source antique, qui avala probablement la lune et fut responsable des premières éclipses…
Apparaissant sous diverses formes, le Léviathan se trouve habituellement représenté – ainsi que nous venons de le souligner – comme un long serpent ou un énorme poisson dont l’immense gueule pouvait avaler des êtres humains tout entier.
Cette créature effrayante peuplant les profondeurs de la mer pouvait ainsi ressembler et être représentée tour à tour à l’image d’un cachalot, d’un immense dragon, un terrifiant serpent,
bien sûr, mais aussi être présenté comme un crocodile, un loup voire un ours…
Cet animal terrible apparaît dans la Bible au livre de Job et se trouve décrit de manière négative, comme un être extrêmement maléfique :
« Qu’elle soit malédiction pour ceux qui maudissent le jour, ceux qui sont prêts à réveiller Léviathan ! » (Jb 3,8)
« Et Léviathan, vas-tu le pêcher à l’hameçon, et lui serrer la langue avec une corde ?
Lui passeras-tu un jonc dans le naseau, d’un crochet lui perceras-tu la mâchoire ? Va-t-il redoubler envers toi les supplications et te dire des mots tendres ?
Fera-t-il alliance avec toi ?
Le prendras-tu pour serviteur à vie ? Joueras-tu avec lui comme avec un oiseau, l’attacheras-tu pour tes petites filles ? Sera-t-il mis en vente par des associés, et débité entre marchands ?
Cribleras-tu de dards sa peau, et sa tête, de harpons ? Pose seulement la main sur lui : imagine la lutte, tu ne continueras pas ! » (Jb 40, 25-32).
Rapidement, le Léviathan sera ainsi synonyme du mal, un ennemi associé au diable et aux forces négatives. Se rapprocher de lui reviendra à être tenté au péril de sa vie, car le Léviathan
tapi au fond des mers cherche toujours sa proie, une proie qu’il finira par engloutir entièrement.
Le Léviathan associé à Satan représentera dès lors très tôt une force maléfique à combattre et que seule la volonté divine pourra vaincre :
« Ce jour-là, le Seigneur châtiera de son épée dure et grande et forte, Léviathan, le serpent fuyard, Léviathan, le serpent tortueux ; il tuera le dragon de la mer ». (Is 27, 1)
Ce combat du bien contre le mal se prolongera longtemps dans la Bible jusqu’à son terme avec le livre final de l’Apocalypse relatant la lutte terrible contre la Bête.
Cet imaginaire biblique aura une longue destinée puisqu’il nourrira l’inspiration créatrice des plus grands artistes qui le représenteront tous de manière effrayante, bête peuplant les
profondeurs des enfers jusqu’au Jugement dernier.
Etre blanc comme neige...
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Ce beau petit renard des neiges représente l'innocence même...
(image pixabay)
« Être blanc comme neige »
signifie être innocent et d’une pureté comparable à la blancheur immaculée de la neige.
L’expression est parfois teintée d’ironie pour désigner une personne qui agit comme si elle n’avait rien à se reprocher. (et on en connaît beaucoup ! - Livia)
Son origine nous vient de l’un des psaumes les plus célèbres de la Bible, le Miserere (le psaume 50 dans la numérotation grecque, 51 dans la numérotation hébraïque) :
« Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige. » (Ps 50, 9)
Les vins de France...
Charles Monselet est un poète nantais,
Il était rond, dodu, replet,
Adorait les plaisirs de la table,
Et en faisait des poèmes.
Il était gourmet et gourmand,
Mais d'aucun disait qu'il était glouton.
Charles Monselet, dont j’ai déjà parlé, n'a pas oublié le vin - sans ce nectar, les repas seraient tristes et sans sel - il lui dédia un long et élogieux poème, dans lequel tous les vins de France, les rouges comme les blancs sont invités à table.
J'admire la dextérité de ce poète qui fait défiler les grands crus de France et de Navarre, avec beaucoup de talent, je ne connaissais pas tous les vins proposés par lui au cours de ce poème !
Livia
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Tchin-tchin !
(Image pixabay)
Vins de France
Il est une heure où se rencontrent
Tous les grands vins dans un festin,
Heure fraternelle où se montrent
Le Lafite et le Chambertin.
Plus de querelles, à cette heure,
Entre ces vaillants compagnons ;
Plus de discorde intérieure
Entre Gascons et Bourguignons.
On fait trêve à l'humeur rivale,
On éteint l'esprit de parti.
L'appétit veut cet intervalle,
Cette heure est l'heure du rôti.
Comme aux réceptions royales
Que virent les deux Trianons,
Circulent à travers les salles
Ceux qui portent les plus beaux noms.
A des gentilshommes semblables
Et non moins armoriés qu'eux,
Les grands vins, aux airs agréables,
Echangent des saluts pompeux.
Ils ont dépouillé leurs astuces,
Tout en conservant leur cachet,
-
Passez, monsieur de Lur-Saluces
Après vous, mon cher Montrachet.
Pommard, en souriant, regarde
Glisser le doux Brame-Mouton,
Nul ne dit à Latour : " Prends garde !
" Pas même le bouillant Corton.
Volnay raconte ses ruines
Au digne Saint-Emilion,
Qui l'entretient de ses ravines
Et des grottes de Pétion.
Jamais les vieilles Tuileries
Dans leurs soirs les plus radieux,
Ne virent sous leurs boiseries
Hôtes plus cérémonieux.
On cherche le feutre à panache
Sur le bouchon de celui-ci,
Et, sous la basque qui la cache,
L'épée en acier aminci.
Voici monsieur de Léoville
Qui s'avance en habit brodé,
Et qui, d'une façon civile,
Par Chablis se voit abordé.
Musigny, que d'orgueil on taxe,
Dit à Saint-Estèphe : " Pardieu !
J'étais chez Maurice de Saxe
Quand vous étiez chez Richelieu !"
" Moi, sans que personne s'en blesse,
J'ai, dit monsieur de Sillery,
Conquis mes lettres de noblesse
Aux soupers de la Du Barry !"
Sans chercher si loin mon baptême,
Prophète chez moi, dit Margaux,
A la duchesse d'Angoulême
J'ai fait les honneurs de Bordeaux."
Le jeune et rougissant Montrose,
Ayant quitté pour un instant
Le bras de son tuteur Larose,
Jette un regard inquiétant,
Et cherche, vierge enfrisonnée,
Rouge comme un coquelicot,
Mademoiselle Romanée
Auprès de la veuve Clicquot.
Certaine d'être bien lotie,
Malgré son air un peu tremblant,
Dans un coin, la Côte-Rôti
Sourit à l'Ermitage blanc ;
Il en est du temps des comètes,
Qui, dépouillés, usés, fanés,
Sont dans des fauteuils à roulettes
Respectueusement traînés.
Un tel souffrant qu'on le décante
Fat dans sa fraise de cristal :
"Ah ! dit-il, plus d'une bacchante
M'aima dans le Palais-Royal !
" A ce rendez-vous pacifique
Aucun ne manque ; ils sont tous là.
O le spectacle magnifique !
O le resplendissant gala !
Et quel bel exemple nous donnent
Ces vins dans leur rare fierté
Qui s'acceptent et se pardonnent
Leur triomphante égalité !
Charles Monselet
Grosse fatigue dans l'horlogerie...
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Thème du déficroq 332 (3e de la saison)
« Les marqueurs du temps »
Faites parler à votre convenance les 3 aiguilles d'une montre à aiguilles
ou les 4 ou 6 chiffres (ou les nombres) d'une montre numérique
ou les deux (pensées, conversation, joute oratoire ...)
A vos plumes ou stylos ou claviers et au plaisir de vous lire !
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Sur une image de Fardoise
Grosse fatigue dans l’horlogerie..
« Cette grande aiguille, outrepasse ses droits »,
Dit la petite aiguille en colère.
« Toujours et à toute heure,
Elle se précipite.
Toujours pressée à marquer le temps,
Ce temps qui passe déjà si vite !
Et l’heure guidée par elle
Galope tout le long des jours, des semaines, des années.
La trotteuse est encore plus pressée.
Et fait le tour du cadran en moins de deux !
Tandis que moi, j’avance à tout petit pas,
Et reste une heure entière morfondue,
Bloquée sur un chiffre… »
Aujourd’hui,
La grande aiguille, fatiguée de courir.
Et fatiguée des jérémiades des autres,
A décidé de rester sous la couette.
Suivie par la trotteuse et par tous les chiffres.
Plus de tic tac...
L’heure s’est arrêtée,
Le temps s’arrête aussi.
Et fou de rage, Chronos le dieu du Temps,
Est en arrêt lui aussi.
Livia
Fête de saint François d'Assise...
Hier le 3 octobre les franciscains du monde entier fêtaient les 800 ans de saint François d’Assise.
Fêtons-le ensemble avec cette magnifique œuvre de Giotto Bondone.
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Prédelle de saint François d’Assise donnant à manger aux oiseaux
Giotto Bondone
Chaque année le 3 octobre, veille de la montée au ciel de saint François d’Assise, les Franciscains du monde entier organisent une veillée appelée le Transitus. À Paris cette année, pour fêter les 800 ans de sa montée au ciel, le diocèse organise une veillée spéciale à Saint-Germain-l'Auxerrois, où de nombreux jeunes sont attendus.
Le grand saint d’Assise est fêté chaque année le 4 octobre, mais les Franciscains le fêtent également la veille, le 3, à travers une cérémonie appelée le Transitus. Transitus ? "C’est l’action de franchir un passage, d’aller plus loin, dans le cas de saint François, c’est de retrouver sa sœur, la mort", explique à Aleteia le frère Miki du couvent de Paris dans le XIVe arrondissement. "François ne subit pas la mort, il ne se contente pas de la vivre comme les autres moments de son existence, il la célèbre comme l’accomplissement de sa vocation. [...]
Les affiches d'Aphonse Mucha...
Je trouve les affiches publicitaires d'Alfons Mucha très belles et très élégantes, contrairement à celles que l'on nous sert aujourd'hui.
Ces affiches donnent envie de boire du Moêt et Chandon, de grignoter des petits Lu, de boire de la bière – si on aime – et se laver avec les savons de la maison Alfred Schweizer.
Livia
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Alfons Mucha (aussi orthographié Alphonse Mucha et Alphons Mucha), né à Eibenscütz le 24 juillet 1860 et mort à Prague le 14 juillet 1939, est un affichiste, illustrateur, graphiste, peintre et professeur d'art tchécoslovaque, fer de lance du style nouveau.
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Un drôle de distributeur...
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Pour ce 197ème Café Thé, Brigitte, allias écureuilbleu (https://www.unebonnenouvelleparjour.com/ ) nous propose de présenter un distributeur automatique original, existant ou fictif ou de raconter une histoire, réelle ou fictive, autour d'un distributeur automatique.
En découvrant cette image sur internet, je décidais d’écrire le petit conte fantaisiste ci-dessous, sur ce robot distributeur, pas comme les autres.
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La plantation de billet…
(image internet)
En me baladant un jour dans la forêt près de chez moi, au détour d’une allée, je vis planté sur le bord... un distributeur automatique qui rutilait sous les quelques rayons de soleil qui filtraient au travers du feuillage des arbres et... à ses pieds, il y avait une plantation de billets ???
Je m’arrêtais net, que pouvait donc faire un tel appareil ici, au bord d’une allée au milieu de la forêt ainsi que ces billets plantés dans la terre à ses pieds !
Je m’approchais avec circonspection et touchais les billets, il avaient l’air vrais, je tendis la main et touchais aussi l’appareil, quelle ne fut pas ma stupéfaction quand ce dernier se trémoussa et me dit en rigolant : « tu me chatouilles ! »
Saisie, je m’éloignais promptement de ce truc.
« N’aie pas peur, me dit l’appareil rigolard de sa voix métallique, approche, je vais te dire un secret ».
Je ne pouvais bouger, j’étais comme enracinée dans le sol, tandis que l’autre riait de plus belle !
Alors des lianes sortirent des taillis environnants et en rampant s’approchèrent et s’entortillèrent autour de moi en me tirant vers le « distributeur », je voulais fuir et me débattais, mais plus je me débattais, plus les branches me serraient, bientôt je me mis à suffoquer, alors dans un dernier élan, je me ruais en arrière et... je tombais durement sur la moquette.
Réveillée en sursaut, je me rendis compte que ce n’était qu’un cauchemar et que que j’étais entortillées dans mes draps qui me serraient de partout.
Ouf ! Je me dégageais du drap, je n’avais plus rien à craindre de ce distributeur, resté dans la forêt de mon cauchemar.
J’allais dans la cuisine me préparer mon petit déjeuner, j’attrapais une tasse quand… une voix métallique retentit : « alors bien dormi ? Que vais-je te servir ce matin ? »
Il était là, campé au milieu de ma cuisine, de surprise je laissais tomber la tasse que j’avais en main et... tandis que l’engin hurlait d’un rire démoniaque, je tombais dans les pommes !
Quand j’ouvris les yeux, il n’y avait rien de suspect dans ma cuisine, juste les débris de la tasse que j’avais lâchée.
Avais-je vraiment vu cet engin dans ma cuisine, ou étais-je encore sous le choc de mon cauchemar ?
Livia
Bla-bla autour d'un livre...
C’est un livre que par principe je ne lirai pas, un livre sorti d’une machine, les machines n’ayant pas d’âme, ce livre ne peut en avoir une, ce ne sont que des mots alignés les uns à côté des autres, des mots sans vie, des mots plats, des mots qui en fait ont été volés à des anciens et qui ont été injectés dans un cerveau d’acier, pour faire du neuf !
Il y a déjà tant de livres ineptes et sans consistance, écrits par des humains, cet IA va nous inonder de littérature neutre, sans passé, sans âme, mais plein d’avenir pour les gens dépourvus de talents !
Je vous fait part de la pensée de la philosophe Marianne Durano, lue dans une de mes revues.
Livia
*Plagiat : Acte de quelqu'un qui, dans le domaine artistique ou littéraire, donne pour sien ce qu'il a pris à l'œuvre d'un autre. (d’après le dictionnaire Larousse)
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La bibliothèque idéale…est-ce celle-là qui a été dépecée et introduite dans le cerveau électronique ???
(image internet)
À l’heure où l’Église de France accueille le Pape dans la liesse, une tout autre polémique agite l’intelligentsia française: Thélyson Orélien, potentiel prix Goncourt 2026, et auteur du best-seller C’était ça ou mourir a-t-il eu recours à l’IA pour rédiger son roman ? Derrière la coïncidence du calendrier, ce sont en réalité deux conceptions de la parole et de l’intelligence qui s’affrontent : d’un côté, l’autorité d’une tradition transmise d’homme à homme, au risque de la répétition ; de l’autre la quête d’originalité à tout prix, au risque de l’artificialité. Rappelons que le terme "auteur" vient du latin auctor, qui signifie aussi bien "créateur" que "garant", et dont provient également le mot "autorité". L’auteur, en ce sens, est à la fois créateur et garant d’une transmission qui le précède : il fait du neuf avec de l’ancien.
Rappelons que le terme "auteur" vient du latin auctor, qui signifie aussi bien "créateur" que "garant", et dont provient également le mot "autorité". L’auteur, en ce sens, est à la fois créateur et garant d’une transmission qui le précède : il fait du neuf avec de l’ancien.
Une voix nouvelle à des mots anciens
Une telle définition, loin de condamner toute innovation, nous rappelle que nous écrivons et nous inscrivons toujours dans un monde qui nous précède, et dont nous assurons ainsi la continuité. Hannah Arendt, dans La Condition de l’homme moderne affirmait que toute œuvre était un lien tissé entre le passé et l’avenir, la condition pour qu’une société se maintienne malgré les aléas du temps. Œuvrer, c’est donner une voix nouvelle à des mots anciens, une forme neuve à une matière donnée, un visage unique à une réalité universellement partagée. Chaque parole du Magistère incarne parfaitement ce paradoxe de l’auctoritas : jamais vraiment neuve, mais toujours renouvelée, garantie par une tradition séculaire qui lui donne sa solidité face aux modes et aux polémiques de l’époque.
Tandis que l’Église fait du neuf avec de l’ancien, l’intelligence artificielle fait exactement le contraire : elle écrit du vieux avec du neuf. Tout en prétendant innover, incarner l’avenir du langage et de la création, l’IA ne fait que recycler les écrits qui l’ont précédée. L’auteur à la mode, qui prétend à l’originalité tout en "boostant sa créativité grâce à ChatGPT", ne fait en réalité que se conformer à une parole anonyme, automatique, et terriblement prévisible.
Tombés dans le panneau
Je me souviens d’un livre que j’avais acheté pour la blague quand je préparais l’agrégation. Il s’intitulait : Comment parler des livres qu’on n’a pas lu ? On y trouvait des astuces telles que : "X est à la littérature, ce que Y est à la musique" ou encore "X, c’est comme Y, mais avec plus de A et moins de B". Ce qui donne des affirmations telles que "Proust est à la littérature ce que Chopin est à la musique", ou encore "Proust, c’est Gide, mais avec plus de goût et moins de sens". Ça ne veut rien dire, mais ça fait toujours son petit effet.
C’est à peu près le genre d’astuces qui ont valu à Thélyson Orélien d’être encensé par la critique littéraire. Certains se sont ainsi extasiés d’une phrase aussi plate que : "Le Brésil, c’est comme l’Amérique, mais avec plus de cul et moins de fusil." Le plus gênant, dans l’affaire Thélyson Orélien, ce n’est pas que ce dernier ait utilisé l’IA pour écrire, c’est que tous les spécialistes autorisés de la littérature — éditeurs, critiques et écrivains — soient tombés dans le panneau, révélant ainsi que nos goûts sont tellement formatés qu’une machine sans âme les imite sans peine, quand nous ne nous retrouvons pas nous-mêmes à écrire comme une machine.
L’arme de la tradition
L’ironie, dans l’histoire, c’est que la tradition, qui nous semblait jusqu’ici affreusement anonyme et ennuyeuse, risque de redorer son blason au soleil de ce genre de polémiques. Au moins, avec elle, on est sûr d’avoir affaire à de l’humain, et si elle manque parfois d’originalité, c’est en vertu d’une transmission assumée, et non d’un pillage automatisé. Dans Orthodoxie, Chesterton définissait ainsi la tradition comme "la démocratie des morts", une manière de leur donner voix au chapitre par-delà les siècles. L’IA, au contraire, est une expropriation des morts, une manière de voler les mots du passé pour mieux tromper le présent. Et il ne s’agit pas ici seulement d’une métaphore : Anthropic a ainsi été accusé d’avoir détruit et numérisé près de deux millions de livres anciens pour nourrir son modèle Claude.
À l’heure où l’IA s’approprie sans vergogne toute parole humaine pour la remâcher en prétendant innover, la tradition est peut-être notre meilleure arme pour lutter contre ce pillage. Elle rend hommage aux humains qui nous ont précédés — là où l’IA les dépouille pour mieux nous humilier — et garantit une continuité bienfaisante dans le chaos qu’est devenu notre monde — là où l’IA évolue plus vite que nos capacités à la comprendre. Nous avons besoin d’une institution qui se porte garante de notre "magnifique humanité", d’une parole incarnée et vivante, d’une histoire longue et pleine de sens. Cette institution, c’est l’Église catholique. C’est peut-être ce désir qui a poussé des millions de Français, ce week-end à accueillir à bras ouverts un pape dont le nom est en soi un hommage à la tradition qu’il incarne.
Marianne Durano (philosophe)
Bonjour Octobre...
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Mais des nuits d’automne
Goûtons les douceurs;
Qu’aux aimables fleurs
Succède Pomone.
Le pâle couchant
Brille encore à peine;
De Vénus, qu’il mène.
L’astre va penchant;
La lune, emportée
Vers d’autres climats,
Ne montrera pas
Sa face argentée.
De ces peupliers,
Au bord des sentiers,
Les zéphyrs descendent,
Dans les airs s’étendent,
Effleurent les eaux,
Et de ces ormeaux
Raniment la sève:
Comme une vapeur,
La douce fraîcheur
De ces bois s’élève.
Sous ces arbres verts,
Qu’un vent frais balance,
J’entends en silence
Leurs légers concerts:
Mollement bercée,
La voûte pressée
En dôme orgueilleux
Serre son ombrage,
Et puis s’entr’ouvrant.
Du ciel lentement
Découvre l’image.
Là, des nuits l’azur
Dans un cristal pur
Déroule ses voiles.
Et le flot brillant
Coule en sommeillant
Sur un lit d’étoiles [...]
François-René de Chateaubriand
rendez à César...
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Jésus au milieu des pharisiens
James Tissot
« Redde Caesari quae sunt Caesaris, et quae sunt Dei Deo »
« Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu
Circonstance : C'est une réponse piège faite aux pharisiens qui demandaient à Jésus, s'il était permis ou non de payer l'impôt (le tribut) à l'empereur romain (César)
Sens figuré (courant) : On utilise aujourd'hui l'expression « rendre à César ce qui est à César » pour signifier qu'il faut reconnaître le mérite ou la responsabilité d'une personne dans une action, ou restituer à chacun ce qui lui est dû.
Et comme le souverain pontife ne doit rien à notre petit César, il a refusé le grand spectacle élyséen, comme lu dans une de mes revues :
[…] Le souverain pontife a soigneusement raboté le programme rêvé par l’Élysée. Emmanuel Macron aurait voulu accompagner Léon XIV à Notre-Dame et lui présenter les artisans ayant reconstruit la cathédrale après l’incendie d’avril 2019. Une façon de rejouer, sous le regard du pape, le récit des « bâtisseurs » déjà mis en scène lors de la réouverture de décembre 2024.[...]